Développer les compétences manufacturières et l’entrepreneuriat grâce à l’éducation autochtone
Jayson MyersPar Jayson Myers – Lorsque Paul Martin a quitté la politique nationale, il n’a pas pour autant tourné le dos à le débat sur les politiques nationales ni renoncé à son intérêt pour l’éducation des peuples autochtones. L’ancien Premier ministre a fondé la Martin Family Initiative, une association caritative qui travaille avec les Premières Nations, les Inuits et les membres de la Nation métisse afin d’améliorer les résultats en matière d’éducation, de santé et de bien-être des enfants, des jeunes et des adultes autochtones.
La MFI a pour objectif d’accompagner les étudiants autochtones dans la construction d’une carrière réussie. Son programme d’entrepreneuriat pour les jeunes autochtones (Aboriginal Youth Entrepreneurship Program) initie les élèves autochtones du secondaire aux opportunités commerciales offertes par l’économie canadienne. Il leur apprend à cultiver leur esprit d’entreprise, à améliorer leurs connaissances financières et leurs compétences en communication, et leur donne l’occasion d’explorer diverses options d’études supérieures. Plus de 5 000 élèves ont suivi ce programme depuis sa création il y a onze ans. Aujourd’hui, ce cours est dispensé dans 50 écoles secondaires, tant dans les réserves qu’à l’extérieur. La demande est si forte qu’en 2019, MFI, répondant à une demande des chefs de l’Assemblée des Premières Nations, a lancé un cours d’entrepreneuriat autochtone destiné aux adultes, inspiré de son programme destiné aux élèves du secondaire.
Des programmes éducatifs autochtones comme ceux-ci façonneront l’avenir d’une part très importante de la population canadienne. Alors que les Autochtones représentent environ 5 % de la population canadienne, les enfants autochtones de moins de 14 ans constituent 7 % de l’ensemble des enfants du pays. Les jeunes représentent près de la moitié de la population autochtone du Canada. Ils constituent le segment le plus jeune et celui qui connaît la croissance la plus rapide de la population canadienne. Selon M. Martin, « si nous voulons que le Canada réussisse, les enfants et les jeunes autochtones doivent réussir… Leur potentiel, c’est notre avenir. »
L’action menée par MFI revêt également une importance cruciale pour les industriels canadiens. De réelles pénuries de main-d’œuvre touchent l’ensemble du secteur manufacturier canadien. Ce n’est pas nouveau, mais les résultats de toutes les enquêtes sectorielles indiquent que la situation s’aggrave. Les pénuries de compétences sont exacerbées par le déploiement de technologies de pointe, les industriels se tournant vers l’automatisation pour pallier le manque de main-d’œuvre. La concurrence est aujourd’hui rude pour toute entreprise cherchant à attirer des employés possédant à la fois les compétences numériques, l’expérience pratique du secteur et les aptitudes professionnelles essentielles nécessaires à la gestion d’une entreprise manufacturière moderne.
C’est pourquoi Next Generation Manufacturing Canada s’associe à MFI pour développer un volet consacré à l’industrie manufacturière au sein de ses programmes éducatifs destinés aux élèves du secondaire et aux adultes autochtones. Le soutien de NGen permettra également à MFI d’étendre ses cours d’entrepreneuriat et d’éducation financière aux écoles primaires et de mettre en place un programme d’emplois d’été pour les jeunes autochtones. Notre objectif est de sensibiliser les jeunes autochtones à l’industrie manufacturière moderne au Canada et aux types d’emplois qui existent dans ce secteur, ainsi que de leur permettre d’acquérir bon nombre des compétences et une partie de l’expérience pratique nécessaires pour tirer parti des futures opportunités d’études supérieures et de carrière.
Il est toujours difficile de prédire avec exactitude les types de compétences qui seront recherchés dans cinq ans. Les industriels ont toujours du mal à répondre à cette question dans les enquêtes ! Mais nous savons quelles seront probablement les compétences de base des futurs travailleurs du secteur manufacturier. Et ce sont précisément ces compétences que MFI vise à aider les élèves autochtones à développer dans le cadre de ses programmes.
Tout d’abord, il y a les bases. Renforcer la confiance en soi est essentiel, en particulier chez les étudiants autochtones. D’autres qualités personnelles sont également importantes pour quiconque cherche un emploi dans le secteur manufacturier. Ils doivent être responsables , dignes de confiance et fiables. Ils doivent faire preuve d’une grande intégrité et avoir la volonté de contribuer à l’avenir. Ils doivent savoir travailler en équipe et valoriser la diversité et l’inclusion parmi leurs collègues. Ils doivent faire preuve d’initiative. Enfin, ils doivent être curieux et aimer apprendre de nouvelles choses.
Les compétences académiques – lecture, écriture, culture financière, aptitudes à la communication, esprit critique, capacités de recherche et d’analyse de données, compétences informatiques de base, ainsi que des connaissances en mathématiques et en sciences – sont également importantes, en particulier lorsqu’elles peuvent être mises à profit pour résoudre des problèmes liés au secteur manufacturier.
La résolution de problèmes – c’est là qu’intervient l’esprit d’entreprise. Les étudiants capables de trouver des façons innovantes, plus efficaces et plus performantes de faire les choses seront très appréciés, quel que soit leur métier. L’expérience pratique et la capacité avérée à travailler en équipe constituent également des passerelles vers de bons emplois et une expérience d’apprentissage précieuse, ainsi qu’une expérience de terrain face à des problèmes concrets.
Les élèves autochtones bénéficient également d’un soutien pour développer leurs compétences numériques et se familiariser avec les données et les technologies basées sur les données. Grâce à une autre de ses initiatives, NGen vise à offrir un accès facile et peu coûteux à des cours de programmation en ligne basés sur le cloud, ainsi qu’à des simulations de robotique et de réseaux informatiques pour les élèves de tout le Canada. C’est un bon exemple de la manière dont les technologies peuvent faciliter l’apprentissage et ne pas se limiter à être simplement l’objet de l’enseignement. Pour la première fois, les élèves autochtones vivant dans des régions isolées pourront développer des compétences numériques et participer à des concours de robotique sur leurs propres appareils, sans avoir à effectuer de téléchargements qui épuiseraient une bande passante déjà limitée.
Mais soyons réalistes : cela ne concerne pas uniquement les élèves et les enseignants. Les industriels eux-mêmes doivent s’impliquer. Les enseignants réclament à grands cris des intervenants, des mentors, des occasions de visiter des sites de production, des outils et des informations susceptibles de faciliter leur travail. Quant aux élèves, ils recherchent des modèles et des opportunités qui leur offriront des perspectives d’emploi concrètes.
NGen recherchera des fabricants disposés à s’engager bénévolement en tant qu’intervenants, mentors et employeurs à temps partiel. Nous espérons que vous nous apporterez votre soutien. Si vous êtes intéressé, contactez-nous à l’adresse info@ngen.ca. Et découvrez les actions menées par MFI sur www.themfi.ca.



