Ce n'est pas un test… mais bien 50 millions de tests.

Découvrez le Centre d’innovation orthopédique, le trait d’union entre les avancées médicales et leur mise à disposition du grand public.

Si l’on doit implanter une prothèse articulaire chez un être humain, il vaut mieux qu’elle fonctionne. Elle doit être parfaitement adaptée. Elle doit permettre des mouvements naturels. Et elle a intérêt à durer. Ce facteur de longévité est une variable déterminante. Alors, combien de temps tiendra-t-elle ?

Dans un bâtiment situé près de l’hôpital Concordia à Winnipeg, 13 personnes travaillent dans un laboratoire de mécanique à la croisée de l’ingénierie et de la médecine. Ici, au Centre d’innovation orthopédique (OIC), un organisme à but non lucratif, des ingénieurs et des cliniciens testent des articulations synthétiques et des implants médicaux afin de s’assurer qu’ils sont suffisamment parfaits pour être intégrés au système de santé en tant que produits.

Grâce à une batterie d’essais statiques, dynamiques, informatiques et d’usure, chaque nouveau modèle d’articulation synthétique est mis à rude épreuve. Les articulations sont tournées, comprimées, fléchies et soumises à toutes sortes de contraintes sur des machines robotisées de pointe qui répètent les mouvements des millions de fois. Si l’articulation réussit le premier test, elle passe dans une autre machine qui effectue une série de mouvements totalement différente. Chaque dispositif est testé jusqu’à 50 millions de fois au cours de ce parcours d’obstacles robotisé.

De tels essais sont tout aussi importants pour les patients que pour le système de santé lui-même. Chaque année, environ 125 000 Canadiens bénéficient d’une prothèse de hanche ou de genou. Si ces prothèses tombent en panne ou s’usent prématurément, cela porte un coup sérieux à la qualité de vie de millions de personnes potentielles. À plus grande échelle, une prothèse de qualité insuffisante exercerait une pression encore plus forte sur un système de santé déjà mis à rude épreuve. La conception défaillante d’une prothèse entraîne des coûts considérables pour y remédier : suivis et imagerie médicale, soins infirmiers et chirurgicaux, sans compter les multiples niveaux d’assurance et les frais administratifs consacrés à la résolution d’un problème médical qui aurait pu être évité.

« C’est essentiel, bien sûr, mais ce type de tests n’est qu’un début », déclare Trevor Gascoyne, président-directeur général de l’OIC. « Les implants orthopédiques existent depuis longtemps, mais ce qui va suivre – avec la thérapie régénérative des tissus – nécessitera beaucoup de rigueur et d’essais avant de faire son apparition dans les hôpitaux. »

Il fait référence à la prochaine génération de technologies médicales révolutionnaires : la réparation et la régénération des tissus corporels. Plutôt que de se contenter de prélever des tissus, les cliniciens sont sur le point de fabriquer de nouveaux tissus destinés à être réintroduits dans l’organisme, mais cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Il faut que cette technologie soit prête pour un déploiement à grande échelle.

« Depuis une vingtaine d’années, la médecine réinjecte les propres cellules d’un patient dans son corps et son cartilage, mais cette pratique est sur le point de se généraliser. Notre rôle consiste à étudier la manière dont nous testons ces matériaux vivants. »

Trevor Gascoyne, président-directeur général de l’Orthopaedic Innovation Centre

125 000

Nombre de Canadiens bénéficiant chaque année d'une prothèse de hanche ou de genou.

Ces futurs produits recèlent un potentiel vertigineux. M. Gascoyne estime que ces thérapies tissulaires, tout comme les tissus générés en laboratoire et les organes imprimés en 3D, sont sur le point d’être pleinement disponibles en Amérique du Nord. Avant d’intégrer le système de santé, elles doivent toutefois faire l’objet d’une évaluation rigoureuse.

« Nous sommes particulièrement bien placés pour proposer ce type de tests, car nous opérons à la croisée de l’ingénierie, de la médecine et de la recherche », explique M. Gascoyne.

Le passage à ce type de tests peut sembler un grand saut, mais l’OIC a l’habitude de s’adapter à l’évolution des besoins et à la dynamique du marché. Pendant la pandémie, le Canada a écumé le monde entier à la recherche d’équipements de protection et de kits de dépistage. Lorsque les approvisionnements étrangers se sont taris en raison de la forte demande, l’OIC a changé de cap, aidant une entreprise canadienne à développer et à tester des EPI fabriqués localement. Il n’a fallu que deux mois pour mettre en place l’équipe interne de l’OIC en collaboration avec le fabricant. Ensemble, ils ont imprimé en 3D des écouvillons nasaux, ont testé leur efficacité et en ont produit des millions pour le compte du gouvernement canadien.

2 mois

Temps nécessaire pour mettre en place une équipe en collaboration avec le fabricant afin de développer et de tester des EPI de fabrication locale.

Consciente des échecs de 2020 et de la nécessité de créer des produits médicaux fabriqués au Canada tout en allégeant la pression sur le système de santé, NGen est intervenue. Le financement qu’elle a apporté a permis à l’OIC de développer son parc de machines et ses capacités de laboratoire. Il a également aidé l’OIC à promouvoir ses services auprès des pionniers du secteur des dispositifs médicaux. La réduction des retards et l’élargissement des marchés contribuent à ce que l’innovation médicale canadienne reste au Canada plutôt que de s’exiler aux États-Unis.

« Le système de santé fait face à une demande sans précédent, et nous contribuons à réduire cette demande en aidant les innovations canadiennes en matière de santé à se développer ici », explique M. Gascoyne. « Pensez au nombre d’appareils médicaux et d’implants utilisés par la population. S’ils fonctionnent tous mieux et durent plus longtemps, cela aura un effet en cascade considérable sur notre pays. »

Découvrez comment l’OIC fait progresser les essais et la fabrication de dispositifs orthopédiques. Rendez-vous sur le site de l’Orthopaedic Innovation Centre pour en savoir plus sur son approche innovante visant à améliorer les soins aux patients !