Dans son budget de 2017, le gouvernement Trudeau a annoncé un financement de 950 millions de dollars destiné aux super-pôles d’innovation régionaux. Les cinq projets retenus et dévoilés en février allient la modernisation, grâce à la technologie, des secteurs traditionnels des ressources naturelles du Canada et un engagement accru en faveur des innovations technologiques du XXIe siècle. Kevin Lynch, ancien greffier du Conseil privé et actuel vice-président du groupe financier BMO, l’un des premiers défenseurs des super-pôles, écrit que ces pôles d’innovation sectoriels vont transformer le paysage industriel canadien.
Quelle différence peut faire une révolution ! Il y a dix ans, le grand public n’avait aucune connaissance de l’IA (intelligence artificielle), de l’apprentissage automatique ou du big data ; aujourd’hui, ces technologies, parmi d’autres, dominent aussi bien la culture populaire que la stratégie d’entreprise. Il y a dix ans, les entreprises du secteur des technologies de l’information telles que Facebook, Amazon, Netflix, Alibaba, Tencent et Google étaient des start-ups en pleine expansion ; aujourd’hui, elles comptent parmi les entreprises les plus valorisées au monde. Elles ont toutes en commun des plateformes technologiques extrêmement évolutives, une capacité extraordinaire à collecter, traiter et monétiser les données, ainsi qu’une volonté de bousculer les modèles économiques traditionnels.
Si identifier les caractéristiques précises requises pour devenir une « gazelle technologique » est le rêve de tout professeur d’école de commerce, la plupart des entreprises technologiques prospères partagent un certain nombre de traits communs tournant autour de « l’esprit et du lieu ». Bien qu’elles évoluent dans un monde numérique et hyperconnecté qu’elles ont elles-mêmes créé, les entreprises technologiques, de manière quelque peu paradoxale, ont tendance à naître et à se regrouper au sein de pôles d’activité. Pourquoi ?